Cinquième jour de procès: la souricière comme arme de dissuasion massive

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Photo: Jesuisfeministe.com

La répression policière a contribué à éteindre l’esprit combatif de nombreuses militantes et militants lors de la grève étudiante de 2012. C’est l’idée principale ressortant des témoignages entendus hier lors du cinquième jour de procès pour les arrêté-e-s du 27 avril 2012 à la cour municipale. La marche féministe avait pour thème la « sale hausse sexiste » des frais de scolarité.

Sept témoins, 2 femmes et 5 hommes, livrent leur version des faits au juge Louis Marie-Vachon. Chacun souligne l’impact négatif important qu’a eu l’interpellation sur leur motivation militante. Tous mentionnent au juge avoir restreint leur participation à des manifestations. Quatre d’entre eux mentionnent même n’avoir participé à aucune autre manifestation depuis la grève.

Tous les arrêté-e-s font valoir le stress de  l’incertitude, alors qu’els sont tous et toutes dans l’attente d’un jugement depuis 2 ans. Plusieurs  soulèvent les contraintes importantes que l’affaire fait peser sur des opportunités d’emplois, d’études ou de voyage. Certains dévoilent la crainte que suscite désormais la vue d’un policier en uniforme.

Questionnés par leur avocat, Enrico Théberge, les témoins éclaircissent les motifs de leur participation à la marche. Alors que quelques uns soulignent leur appui aux valeurs féministes, d’autres font connaitre leurs liens avec leur association étudiante. 5 témoins sur 7 étaient de jeunes étudiant-e-s à l’époque.

Ukulélé et harmonica

Malgré le contexte hostile, deux témoins ont rapporté avoir joué d’un instrument de musique pendant leur interpellation. Une personne chantait en jouant du ukulélé dans la souricière, une autre de l’harmonica… menottée dans le fourgon cellulaire.

Près de 20 millitantes et militants ont pris la parole depuis le début du procès le 5 mai 2014. Quarante autres sont attendus d’ici septembre. Au total, la souricière avait permis l’arrestation de 81 personnes le 27 avril 2012.

Maitre Enrico Théberge affichait son implacable bonne humeur coutumière malgré un incident survenu il y a deux semaines. Son propre frère, souffrant de problèmes psychiatriques, l’a poignardé en pleine rue.

La requête des féministes comporte deux volets:

  1. le droit d’être jugé dans un délai raisonnable, la Ville n’ayant pas donné signe de vie depuis la remise du constat d’infraction en 2012.
  2. L’arrestation abusive contraire à la Charte des droits et libertés.

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