Fuck la Grande-Allée

La Grande-Allée, c’est 250 mètres de bars, d’hôtels et de restaurants. Un passage obligé pour tous les touristes. La Grande-Allée c’est aussi l’oeil du cyclone de la violence, le règne de commerçants subventionnés geignards et le lieu de débauche de la mafia et du parti libéral (l’un n’excluant pas l’autre). C’est le marais de Québec.

Elle existe comme une principauté hors de la ville. À l’est, c’est l’Assemblée Nationale, symbole de corruption. Au nord, c’est l’infâme édifice G avec ses insupportables couloirs de vent. Au sud, le vide des Plaines d’Abraham. Et à l’ouest, des édifices patrimoniaux dont les ruines défient la gravité.

Têteux de subventions libertariens

La Grande-Allée ne pourrait pas exister sans l’affluence de fonds publics. Elle fonctionne essentiellement grâce à l’intense perfusion de l’argent provenant des hausses de tarifs dans des festivals qui animent les plaines d’Abraham.

Regardez la liste des partenaires du Festival d’Été, du Carnaval, de la Fête nationale et du Jour de l’An à Québec: Les gouvernements du Québec et du Canada, la ville de Québec, l’office du tourisme, Radio-Canada, Loto Québec, Hydro Québec, la SAQ, le Casino de Charlevoix, Parcs Canada, le Centre des congrès de Québec, Emploi Québec, l’Observatoire de la capitale, le RTC, la société des traversiers, le port de Québec…

Les mangeux de bouffe texturé de CHSLD peuvent rester tranquille: l’argent pouvant vous servir pour avoir de meilleurs soins est utilisé à bon escient, pour bourrer nos bons touristes de foie gras!

Paradoxalement, puisque plusieurs commerces sont de gros clients de la radio poubelle, elles financent un discours économique de type libertarien qui fustige la moindre injection de fonds public dans un projet social.

Cherchez l’erreur.

Une autre façon de socialiser les pertes et de privatiser les profits.

Fréquenté par la mafia libérale

A deux pas de l’Assemblée Nationale, la clientèle s’empiffrant dans les gargotes de la Grande-Allée est constituée d’un grand nombre de politicien-ne-s. C’est un haut lieu de corruption.

D’ailleurs, c’est la qu’Alice Paquet a dit s’être fait violer par un élu libéral. Elle travaillait durant la saison estivale comme hôtesse à l’Auberge Louis-Hébert, un « établissement prisé des politiciens sur la Grande Allée », selon le J de Q. C’est là qu’était hébergé Gerry Sklavounos.

Un soir, Gerry invite Alice à un bar situé à deux pas, l’Atelier, prétextant vouloir parler politique. Après plusieurs consommation, nul besoin de se diriger vers un motel miteux du boulevard Wilfrid-Hamel. Suffit de monter l’escalier de l’Auberge Louis-Hébert. À l’issue de cette première rencontre, Alice à affirmé:

«Il m’a violée assez violemment, j’ai eu besoin de points de suture», raconte-t-elle, ajoutant être rentrée chez elle à pied, en douleur et «démolie».

Rappelons aussi que c’est la que le porcin sinistre de la solidarité sociale, François Blais, a été chahuté par des étudiant-e-s lors du Printemps 2015. Ça s’est passé aux 3 Brasseurs. Cette pâte molle s’était dit victime « d’intimidation ».

Aussi, le bar Dagobert a été condamné en 2012 à rembourser presque un demi million $ au fisc pour une affaire d’évasion fiscale.

Et saviez-vous que le « Maurice Night Club » a été nommé ainsi en l’honneur de Maurice Duplessis, un des politiciens les plus corrompus de l’histoire du Québec? On retrouve dans le même édifice un bouchon nommé le Pot de vin.

Faire l’éloge de la corruption? Vous ne verrez ça nulle part ailleurs que sur la Grande-Allée.

Il y a un tel nombre de crosseurs au pied carré sur Grande-Allée qu’il y a de quoi faire rougir n’importe quel bordel de Macao.

Violence physique

Les banlieusards délicats tremblent de peur chaque fois que des histoires de poignardages sordides à Limoilou sont publiés dans les faits divers.

« Un bougre a estourbi un bourgeois sur la 3e avenue dans le sinistre quartier Limoilou jeudi soir dernier, a l’ombre du chic estaminet Au bacon doré.  Il laisse dans le deuil son comptable et son chien Tipitte ».

Pourtant, c’est de la petite bière par rapport à ce qui se passe chaque semaine sur la Grande-Allée.

En 2010, la conseillère de l’opposition Anne Guérette avait même dénoncé un « problème de violence sur la Grande Allée ». La police avait répondu qu’une escouade parcourt cette artère «pratiquement tous les soirs» afin de mieux contrôler les fêtards.

Le Dagobert a même déjà été forcé de fermer 24 jours suite à une décision de la Régie des alcools alors qu' »en moins d’un an et demi, policiers et ambulanciers sont intervenus plus d’une centaine de fois pour des problèmes de violence, d’ivresse et de désordre. » Une trentaine d’entre eux ont du été transportés d’urgence à l’hôpital.

Entre 2011 et 2012, la police intervient au Dagobert en moyenne une fois tous les 4 jours. Si on ajoute les interventions pour tous les autres commerces, on monte à combien?

Parmi les agressions violentes célèbres, relevons les plus connues: celle impliquant un membre en règle des Hell’s Angels dans une dispute stupide pour avoir un taxi, Kevin Parent qui blamait les tensions « entre Anglais et Français » et une agression raciste sur un sikh.

Le sang coule, et souvent pour de mauvaises raisons, sur l’asphalte de la Grande-Allée.

Qualité de vie des résidents: zéro

Malgré tout, de courageux résidents et de courageuses résidentes résistent et tentent de vivre malgré tout à proximité du cloaque. Els en ont vu de toutes les couleurs.

À part l’insupportable tapage nocturne, les résidences et les voitures stationnées sur la rue sont prises pour cible par les fêtards régulièrement.

« Il n’y a pas une semaine, où l’on ne voit pas une voiture défoncée. J’habite ici depuis 12 ans et malgré des plaintes répétées de plusieurs résidents, rien n’a changé », relate en 2013 une résidente de la rue Saint-Amable (Maintenant Jacques Parizeau).

Les gens du quartier iront même jusqu’à faire un «bed out» en 2014. Un vendredi soir, un grand lit est installé sur le trottoir pour sensibiliser les fêtards.

À bien y penser, il est logique qu’on ait souhaité changé le nom de la rue Saint-Amable pour celui de Jacques Parizeau. Le nom sied bien mieux au flânage de fêtards avinés.

Il y a d’autres endroits en ville ou les dérangements causés par un établissement diurne sont importants. Mais jamais autant qu’à proximité de la Grande-Allée.

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