La colère, source de tous les progrès

Lutte syndicale

Lutte syndicale

Dans l’actuel débat sur les régimes de retraite, il est divertissant d’entendre les lamentations de la droite.

Les syndiqué-e-s seraient « gâtés », « gras dur » et des « privilégiés ». C’est vrai que les régimes sont avantageux comparativement à ceux de la majorité des travailleuses et travailleurs.

Mais j’ai des petites nouvelles pour vous : ce n’est pas en enlevant les bonnes conditions de travail à quelqu’un que votre situation va s’améliorer. Bien au contraire.

Mais bon, mettons cet argument de côté.

La ou la droite devient ridicule, c’est lorsqu’elle fait remarquer que les régimes ont été gagnés dans des situations « de confrontation ». Des moments ou les maires auraient été contraints de céder sous la « menace syndicale ».

En effet des chroniqueurs (Richard M en tête) ont dépoussiéré l’histoire syndicale montréalaise et ont trouvé que « ça brassait pas mal » quand les maires ont consenti à offrir les généreuses conditions de travail actuelles. Il est question du week-end rouge en 1974, ou les pompiers refusaient d’éteindre les feux. Nous avions d’ailleurs révélé des faits similaires en 1918 à Québec, ou la police en grève s’en est prise à la résidence du maire. Notre section histoire en révèle beaucoup d’autres.

Sans blague. Si on prenait au sérieux cet argument, il faudrait aussi revenir sur le droit de vote des femmes, la journée de 8 heures et l’abolition de l’apartheid et tutti quanti. Tous obtenus de hautes et violentes luttes.

Chère droite sensible, si vous vous sortiez un peu la tête du cul, vous réaliseriez que tous les progrès sociaux ont été gagnés par la pression populaire. Les élites ne consentent pas à lâcher la bride par simple mansuétude. Ils le font parce qu’ils sont obligés de le faire.

Le fait que des gains aient été acquis suite à des mouvements de colère de la classe populaire ne disqualifie pas ce moyen de lutte. Au contraire, elle le justifie. Puisqu’il s’agit de la dernière issue. Puisque les riches sont sourds à toutes les supplications, les plaintes et les sollicitations polies.

« Comme on a fait toutes les démarches, tranquillement, poliment, respectueusement, auprès de tous les gouvernements, là on va redoubler d’ardeur pour botter le cul de tous les patrons, inconsidérément. C’est ÇA qu’on va faire! » – Michel Chartrand

Ceci dit, si j’étais syndiqué à la Ville de Québec, je prendrais bonne note de la terreur qu’à suscité, dans les rangs de la droite, le brasse-camarade à l’hôtel de ville de Montréal.

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