« La seule chose qui vous reste de la gauche, c’est la place où vous siégez dans les conseils d’administration »

Gabriel Rufian

Gabriel Rufian

Dire ses quatre vérités à la gauche molle réformiste que ce soit celle du PQ ou du PS français ou du Labour britannique, et j’en passe, qui ne l’a pas fantasmé ? Et bien, Gabriel Rufián, un député d’ERC (Gauche Républicaine Catalane, un parti de la gauche radicale), l’a fait pour vous. Il ne l’a pas fait dans un éditorial ou dans une entrevue ou encore sur les médias sociaux. Non, non, Gabriel Rufián l’a fait à la tribune du parlement espagnol en face des députés du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), qui venaient, en ce mois d’octobre 2016, de donner leur accord tacite à la formation d’un gouvernement de droite en Espagne. Voici un extrait de son discours:

« Messieurs du PSOE, […], ce que vous avez fait aujourd’hui, c’est la goutte qui fait déborder le vase.

Messieurs du PSOE, Société Anonyme :

N’avez vous pas honte que la seule chose qui vous reste de la gauche, c’est la place où vous siégez dans les conseils d’administration[…] ?

N’avez vous pas honte de donner le pouvoir à l’un des partis les plus réactionnaires d’Europe et de favoriser le néolibéralisme sauvage […] ?

N’avez vous pas honte de vous dire républicains mais d’être monarchistes, de vous dire socialistes mais d’être néolibéraux, de vous dire ouvriers mais de siéger dans les conseils d’administration et de vous dire de gauche mais de donner le pouvoir à la droite ? […]

N’avez vous pas honte de laisser gouverner votre pays par ceux qui reçoivent les riches en jets privés à bras ouverts, et qui reçoivent les pauvres qui traversent la mer au péril de leur vie avec des jets de pierre ? […]

N’avez vous pas honte de laisser gouverner votre pays par ceux qui obligent Sonia a continuer de s’appeler Antonio sur ses cartes d’identités ? […]

N’avez vous pas honte de vendre la mémoire d’un parti centenaire ? Non ? Peut-être est-ce parce que vous n’avez pas de morale ? […]

Je termine en m’adressant une fois de plus aux camarades Iglesias (chef de Podemos, parti de gauche contestataire) et Domènech (chef de En Comú Podem-Guanyem el Canvi, parti catalan lié à Podemos) . Camarades vous aviez raison, le bipartisme est mort il n’y a plus qu’un seul parti, plus fort, plus réactionnaire et plus hégémonique : le PSOE y le Frente Nacional Naranja (le front national orange l’alliance des partis de droite espagnol). […]

Vive la Galice libre, vive l’Andalousie libre, vive la Castille libre, vive le pays basque libre, vive la Catalogne libre, vive les pays catalans, vive toutes les nations sans États ! »

retrouvez le discours en espagnol dans son intégralité ici: http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/discurso-integro-gabriel-rufian-psoe-investidura-rajoy-5596787

 

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