Manif contre le racisme à Québec : clôture d’un festival

(version originale)

Par Lynda Forgues

C’est une manifestation familiale contre le racisme, l’intolérance et la haine qui était appelée cet après-midi du 18 février, par le REPAC et le Festival contre le racisme de Québec.

Le rassemblement a débuté vers 13h devant l’Assemblée nationale, où des personnes ont pris la parole au nom de plusieurs organismes et communautés de Québec. On pouvait remarquer des familles entières et l’ambiance était pacifique et bon enfant.

L’accueil aux différents discours, très différents entre eux, était aussi chaleureux, en général. Mais par ce temps doux, les gens voulaient surtout manifester, marcher dans les rues du Vieux-Québec. Seul bémol, un gros camion de son au-devant de la manifestation nuisait à la cohésion. Malgré tout, les centaines de personnes scandaient les slogans contre la peur et la haine, contre l’ignorance et pour les appels à l’unité. Les radios de Québec ont aussi été visées, tant par les slogans que par la présence d’une bannière. La marche est passée par le consulat américain, où on y a dénoncé la loi C-23, qui prévoit octroyer aux douaniers américains plus de pouvoirs en sol canadien.

Profilage politique au SPVQ?

Dès le début du rassemblement, la présence policière était imposante, malgré le fait que la manif avait son propre service d’ordre. Non contents d’encadrer la marche devant et derrière, et de bloquer les rues, comme il se doit, le service de police faisait plutôt parader ses agents au cœur de la manif. Selon un communiqué émis par la suite par le SPVQ, c’était pour surveiller «un groupe qui s’était joint à la manifestation».

Un groupe sous surveillance policière Photo – Camille Montfort

C’était une manifestation familiale,  mais les antiracistes comportent aussi un lot de jeunes, des antifas, des anarchistes, des étudiantes et des étudiantes, certains portant des drapeaux.

On a compris que notre service de police est plus à l’aise de faire le service d’ordre pour une manif raciste comme celle du 15 octobre dernier à Québec, alors qu’il s’y crie des propos haineux appelant à la mort des musulmans. Dans ce cas-là, faire des signes d’entente aux Soldiers of Odin, pas de problème, pour les agents du SPVQ.

Mais une manifestation antiraciste légale et annoncée d’avance, avec un service d’ordre amical, ça, c’est un problème. Ça mérite d’être perturbé, pour eux? Après l’arrestation brutale et injustifiée d’un jeune homme, la moitié des manifestants se sont dispersés, ce qui prouve bien qu’il y a là une atteinte au droit de manifester à Québec.

Malgré tout, plus d’une centaine de personnes sont restées jusqu’à la fin, pour un arrêt au Carré d’Youville et jusqu’à l’Assemblée nationale pour entendre d’autres discours.

Cette manifestation mettait un terme à une belle initiative, une nouveauté à Québec : le Festival contre le racisme.  C’est un bilan positif que tire son organisation de cette expérience. «Cette réponse favorable, tant au niveau des artistes que de la participation en général, est pour nous un indice que les luttes antiracistes vont continuer dans la ville au-delà de cette fin de semaine.» Nous ne pouvons qu’espérer que  ce Festival soit répété au courant des prochaines années.

 

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