Pute au second degré

Assez !!!Nous sommes au XXIe siècle et on dirait bien qu’on recule à une vitesse effarante sur le plan des idées. Entre autres, ça  devient fréquent, chez les femmes et les jeunes filles, de trouver drôle, normal, qu’on blague avec la violence envers  les femmes, ou qu’on banalise les mises en scènes sexistes dégradantes.

Controverse sur Facebook

À la Brasserie Le Corsaire, entreprise de Lévis, sur la rive-sud de Québec,  l’été dernier, on a créé  une bière ‘’La petite pute’’, une blonde facile… Ça vient d’être révélé sur les RS – et dans les médias – grâce à la publication d’une photo d’une Barbie, tête en bas, tirée par les cheveux, ce qui servait au serveur de robinet. Comme c’est cute ! [second degré]

Interrogés à ce sujet,  les propriétaires n’ont pas compris le déferlement de critiques sur leur page. Pour Martin Vaillancourt, ce n’était qu’une blague qui a mal tourné, et pour Julie Gagnon, un second degré mal compris.

second-degre

Second degré

Pour saisir le second degré, pour savoir si second degré il y a ou non,  ça nous prend le ‘’contexte’’.  ‘’Le second degré, en opposition au premier degré, qualifie un propos qui ne doit pas être pris ‘’tel quel’’, le sens réel pouvant être le contraire du sens perçu.’’  Par exemple, quand plus haut j’écris : ‘’Comme c’est cute’’ dans le contexte, c’est évident que je veux dire tout le contraire.

Quand c’est le contexte au complet qu’on essaie de nous faire prendre pour un ‘’second degré’’, ou bien on n’a aucune espèce d’idée de ce que signifie ‘’prendre quelque chose au second degré’’, ou alors on croit vraiment – parce qu’on a l’habitude d’entendre les humoristes du Québec – qu’on peut utiliser ça comme une sorte d’alibi pour les lendemains de bêtises.

Le contexte

Voyons voir ledit contexte: dans ce bar, un client aurait fait une blague concernant le dernier-né, un brassin temporaire, un produit plutôt commercial : ‘’On pourrait l’appeler La petite pute’’, a-t-il lancé;  ça a été adopté, ça leur a paru une excellente idée. Non seulement ce nom a été choisi sans hésiter, mais il a été accolé à une signification sexuelle sans aucun second degré, c’était une blonde facile n’est-ce pas, il a été illustré par une Barbie sur le robinet?  Quel est le second degré de cette petite pute, montrant que ce terme ne doit pas être pris tel quel, mais voudrait dire tout le contraire de ce qu’on entend par p‘tite pute? Quel est le sens réel qu’on a voulu donner, qui serait ici  le contraire de ce qui est vu à travers la Barbie tirée par les cheveux ? Une pute… politique ? Une pute… affairiste ? On s’y perd.

Ici, le contexte complet est un concept. Cette brasserie, Le Corsaire, a l’habitude des noms de bière connotés sexistes, comme la Vicieuse, ou la Perruche, celle-là  illustrée par une femme se balançant  dans une cage. Madame Gagnon ne comprend pas que des gens s’en offusquent, mais  pour des raisons commerciales, l’entreprise a retiré la photo incriminante de sa page, et veillera à l’avenir non à se questionner, mais à surveiller les partages, afin de ne pas causer de controverses inutiles. Le plus important, c’est de satisfaire la clientèle.  Si la clientèle en redemande, pourquoi ne pas lui en redonner?

Ça, c’est une attitude que d’aucuns qualifieraient de pute… au degré que vous voulez.

7 Responses to Pute au second degré

  1. Juste une mise au point, La bière petite pute n’a jamais été représentée par une Barbie sur un robinet. La photo qui circule sur internet a été prise par un employer qui pour blaguer à  »tapé » une Barbie sur le dit robinet. Cette photo ne devais jamais se retrouver sur internet et surtout pas etre relié à se  »scandale ».

  2. Oui, bien sûr, Dave. La Barbie c’était une blague; c’est nommer votre merde « La petite pute » que vous assumez. On avait compris. Merci de confirmer, Dave.

  3. Je n’en peux plus de l’osti de second degré qui permet à quiconque de dire n’importe quoi. Quoiqu’il en soit, il est clair pour moi que je vais éviter les produits de cette brasserie. Et je ne parle pas ici au second degré…

  4. Le second degré, masque souvent une forme de violence (ou agressivité) qui est socialement acceptable (les humoristes), par que c’est de 2e degrés. Finalement, le second degré (ou l’ironie) peut être drôle dans certain cas, mais, ici, camoufler la bêtise par le soi-disant 2e niveau de lecture est plutôt aberrant. Il n’y a pas de second degré ! C’est une étiquette de merde avec un no de merde! merci.

  5. En fait, ce n’est pas le condition des femmes qui régresse, mais la condition de l’humain… Ce ne sont pas qu’aux féministes de s’indigner pour une pub à teneur sexuelle, puisque l’ensemble de l’industrie marketing repose souvent sur des allusions à teneur sexuelle. Comment sont représentés les hommes, dans les pubs, dans les médias? C’est le stupide, le lâche, le peu autonome, ce n’est pas plus flatteur…

    La réalité c’est que nous sommes peu à peu déshumanisés, au profit d’une tentative de possession futile. Toujours plus, dans une tentative désespérée d’être par l’avoir. L’humain est une marchandise qui se doit d’être rentable, quitte à prendre des médications de santé mentale diverses pour éviter de s’arrêter à la souffrance, de cesser la productivité et qui est noyé sous le divertissement facile, pour éviter de réfléchir à sa condition… La critique ne devrait pas s’arrêter à des pubs qui objectivisent les femmes, mais à la condition de l’ensemble de la société… c’est mon point de vue…

  6. Très décevant de cette microbrasserie que j’aimais beaucoup pour la Tanaka, mais je vais boycotter parce que je n’ai pas envie de m’associer à des gens qui pensent qu’appeler une bière « La p’tite pute », c’est drôle. C’est faire preuve d’un manque de jugement grave.

  7. On devrait faire une bière: Le Clergé
    l’image: Des militants (de gauche ou de droite, ça importe peu, vous faites tous la morale comme des estis de prètre)

    Si au moins, en plus de chialez sur des ostis d’ânneries vous seriez crédible et efficace niveau subversion… on pourrait pardonnez. Mais non, à part passez votre vie avec du monde qui pensent pareil à faire des sorties publique totalement pathétique tout ce que vous trouvez à faire c’est des esti de sermon.
    Get A Life.

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