Québec, un ghetto de riches?

À qui la ville? Certainement pas aux locataires en tout cas. Partout où l’on regarde, on dirait qu’il ne se construit que des condos. Si la ville se développe, c’est d’abord pour les propriétaires.

Quand les groupes populaires réussissent à arracher un peu de logement social, c’est présenté comme une grande victoire. Ainsi, à l’écoquartier de la Pointe-aux-lièvres, dans Saint-Roch, il y aura 25% de logements sociaux dans la phase 1. Génial!

On oublie par contre de dire que, dans les quartiers centraux, les locataires sont majoritaires aux deux-tiers et que, même avec son 37% de logements sociaux, Saint-Roch peine à freiner la gentrification. Un quart de logements sociaux c’est chouette, mais faudrait pas oublier que ça veut aussi dire trois-quart de condos.

Officiellement, l’administration Labeaume n’est pas contre les locataires et le logement social. Effectivement, il s’en construit même plus que durant les années L’Allier. Toutefois, le maire se refuse à toute politique le moindrement contraignante pour améliorer le sort des locataires.

Du côté de Démocratie Québec, ce n’est guère mieux. Le programme du parti consacre deux paragraphes aux questions du logement. L’opposition y étale son ignorance et son mépris. On met ainsi en garde contre la création de ghettos d’habitation et on revendique un critère de qualité architecturale, sans réaliser que ce qui se construit surtout de nos jours se sont d’horribles ghettos de riches !

La population de la ville est composée à moitié de locataires. Il n’y a pas de honte à revendiquer que la ville nous ressemble et roule pour nous aussi. Par contre, pour ce faire, faudra pas trop compter sur les politiciennes et les politiciens!

2 Responses to Québec, un ghetto de riches?

  1. En effet, l’administration Labeaume n’est pas contre le logement social (en fait, elle lui semble tellement favorable qu’il lui sert de réponse à toutes les questions d’habitation qui peuvent lui être soulevées (insalubrité, conversion en condos, mesures d’urgence aux sans logis, etc.)) Mais, je n’irais pas dire qu’elle n’est pas contre les locataires. Les importants reculs quant au moratoire sur la conversion en condos démontrent le contraire. L’administration Labeaume a voulu clairement favoriser l’accès à la propriété au détriment des ménages qui n’ont pas les moyens ou le goût d’être proprio. Elle a du coup contribué à polluer la vie de plusieurs locataires, particulièrement en basse-ville. Sans parler du statu quo sur les autres enjeux importants comme la qualité du logement ou encore le peu de contrôle des loyers lorsqu’elle distribue des subventions à la rénovation aux proprios.

    Concernant Démocratie Québec, le mépris est manifeste, en effet. Si je me fie à mon expérience, celles et ceux qui sont le plus dérangé-e-s par ces supposés ghettos sont des bien-pensants petits-bourgeois et non les locataires qui y résident.

    Le texte est toutefois silencieux sur l’élément qui me semble le plus choquant dans le programme de DQ. Concernant les logements locatifs, là où réside entre 85 et 90% des locataires de Québec, on indique que pour ceux qui n’ont pas les moyens de devenir propriétaire, la Ville mettra en place un programme exceptionnel de réhabilitation des logements locatifs et on y associe des mesures fiscales. Bref, tout ce qu’on trouve pour aider les locataires, c’est bonifier les subventions à la réno versées aux proprios (qui en profitent ensuite, bien sûr, pour hausser les loyers) et offrir à ces mêmes proprios des mesures fiscales.

  2. Tu as tout à fait raison Jonathan. Merci de ces précisions. C’était peut-être écrit un peu vite sans vouloir entrer dans les détails.

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