Rassemblement spontané en basse-ville

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Entre 200 et 300 personnes ont envahi le parvis de l’église Saint-Roch sur l’heure du souper en solidarité avec Guy Blouin, ce cycliste décédé hier après qu’une voiture de police lui ait roulé dessus coin du Parvis et Saint-François. Foule bigarrée, composée d’habitué-e-s de l’endroit, que l’on imagine ses ami-e-s, de vieux routiers du communautaire et de militant-e-s, plus ou moins cyclistes, plus ou moins écolos, tous et toutes choqué par la nouvelle.

À priori, plusieurs initiatives individuelles ont convergées ensemble. Les uns étaient plus dans l’hommage –ce guitariste, par exemple, qui a joué Si dieu existe à quelques reprises ou encore les gens qui avaient improvisé un genre d’autel– les autres dans le mode manifestation –comme celui qui a fait imprimer des centaines d’affiches détournant le slogan des syndicats de flics (« on a rien volé ») pour clamer que « la police vole des vies »– ou encore dans l’expression (des feuilles étaient disponibles, un livre d’or).

Pas de justice, pas de paix

La colère était bien présente mais rien pour la canaliser et encore trop de gens sous le choc, ayant besoin de témoigner, partager. C’est correct aussi. Mais il faudra bien un jour que ceux et celles qui ont besoin de marcher, de crier, de demander des comptes puissent le faire. On ne pourra pas éternellement en rester aux vigiles (il y en a une autre demain à 13h).

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La haine

Un homme est mort hier. Les récits des témoins pointent tous vers une certaine haine de classe des flics responsables. C’est que les flics sont durs avec les pauvres du centre-ville. Ils ne les traitent pas comme des citoyens et des citoyennes mais comme des nuisances à chasser ou au moins contrôler. La police agit bien souvent comme une armée d’occupation. Seule cette haine peut expliquer l’idée saugrenue de reculer sur un cycliste qui se sauve pour le faire tomber et pouvoir le contrôler (c’est l’hypothèse de plusieurs témoins), seule la haine peut expliquer l’idée encore plus saugrenue (et potentiellement mortelle) de bouger un blessé grave (à croire qu’ils voulaient lui passer les menottes).

Post-scriptum

Aujourd’hui, le vieux centre-ville populaire de Québec a retrouvé dans la douleur sa liberté d’action et d’expression d’antan. En effet, on a vu une manifestation spontanée, fort probablement illégale en vertu du Règlement sur la paix et le bon ordre adopté en 2012, complètement laissée à elle-même. Pas un flic à l’horizon –ils ne devaient pas être loin mais on ne les voyait pas– malgré un rassemblement volatile de plusieurs centaines de personnes en colère pouvant prendre la rue n’importe quand. Curieux, n’est-ce pas?

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