Service-à-l’auto dans la ville dortoir

congestion99Une personne sur cinq est opposée à réduire la congestion automobile, ne veut pas améliorer le transport en commun en ville, car elle est dépendante de l’automobile et habite surtout en banlieue. Il s’agit de 20% des gens ayant répondu à cette vaste consultation publique de la Ville il y a quelques années. (Rapport de consultation sur le Plan de mobilité durable, 12 nov. 2010) C’est pourtant ces gens-là que le maire Labeaume a décidé de satisfaire pour se faire réélire encore aux élections municipales, c’est sur leur appui qu’il compte, les banlieues d’où il est issu, la ceinture de graisse de Québec.

D’abord opposé à l’idée même de tramway en 2008, tout comme la mairesse qui le précédait, il suivait ‘’la communauté d’affaires de sa ville’’ et choisissait le projet de TGV entre Québec et Windsor. C’est bien curieux, plus personne ne parle de TGV entre Québec et Windsor depuis plusieurs années! C’était pourtant le dada du maire Labeaume, ça, et son équipe de hockey. Par contre, la recommandation principale du comité sur la mobilité durable, en 2010, était d’aller vers plus de transport collectif et le maire a bien dû se résoudre à changer de discours, du moins temporairement : ‘’Ce tramway a été pensé de sorte à stimuler le développement de la ville et à favoriser l’implantation de nouvelles entreprises et de nouveaux résidents. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il serait aménagé en Basse-Ville, plutôt qu’en Haute-Ville.’’ (Radio-Canada, 29/05/2010) 

Le maire Labeaume est opposé aux consultations publiques et il le disait déjà en 2008 : «Je ne suis pas dans le business du consensus. J’aurais pu créer des comités, faire des consultations publiques. On en parle depuis des années, à un moment donné, il faut passer à l’action  Cette vaste consultation sur la mobilité durable à laquelle ont participé très sérieusement des organismes et des citoyen-nes, par la voie de rapports soutenus, de multiples rencontres, de comités, de collectes de données, la mairie et ses éluEs n’en a que faire. Pourquoi donc avoir jeté cette poudre aux yeux de tous les gens concernés par le transport dans la ville, en lançant cette enquête, pour venir par la suite rejeter les conclusions du rapport d’un revers arrogant de la main?

Pourquoi, oui, sinon pour entretenir l’illusion malsaine qu’il existe encore des instances démocratiques, comme des conseils de quartier, à la ville de Québec, et qu’elles ont un rôle à jouer?  Ça entretient l’illusion dans la population que si vous faites partie d’un organisme quelconque, voué à la défense des droits des personnes, ou que si vous êtes un-e simple citoyen-ne, l’administration municipale peut vous entendre, vous écouter, prendre en considération votre vision de votre ville.  C’est un leurre.

On voit bien cette tromperie maintenant que Labeaume vient d’annoncer quelle a toujours été sa vision de la capitale : une ville nord-américaine des années cinquante, banlieusarde, centre-d’achatriste, et stationnaire. Le potentat qui nous sert de maire décrète qu’il veut des autoroutes à six voies, comme à Los Angeles. De bord en bord! Pas question de voies réservées pour le transport en commun! Il n’en veut pas.  Et en avant les stationnements au centre-ville! Nous ne savions pas que lorsque Régis Labeaume parlait de densification urbaine, c’était pour entasser des autos!

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