Uni-e-s contre le racisme: La haine et l’amour

L’extrême-droite a encore fait patate à Québec le 25 novembre. Ils voulaient être 1000 et faire une grande démonstration d’unité, ils auront été moitié moins nombreux et en ordre dispersé.

Chez les antiracistes, malgré la peur et la pluie, près de 300 protestataires démontraient leur inébranlable solidarité. On pouvait compter sur l’héroïque fanfare Tint(a)nar mais aussi sur Bouffe contre le fascisme et l’IWW offrant, chose rare, de la bouffe chaude et délicieuse.

Les prises de parole de portes-paroles respecté-e-s ont été chaudement applaudies.

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye était la pour parler de l’esclavage des noirs en Lybie

Le rappeur Webster qui dit « fuck la Meute » mais aussi « nous vaincrons par l’amour », les féministes du collectif les Simone Maryam Bessiri, Catherine Lefrançois et l’antiraciste Mbaï-Hadji Mbaïrewaye.

Mais aussi des camarades du Saguenay, de Montréal et de Québec. Une grande coalition antiraciste.

Québec est capable du pire et du meilleur. Dans ce rassemblement, on y retrouvait l’espoir d’un monde libéré du racisme.

L’amour pour toutes nos soeurs et nos frères. La haine pour les racistes.

Le 25 novembre, les antiracistes de Québec ont prouvé qu’ils étaient dignes, beaux et forts face à l’adversaire. Celles et ceux qui pensent que la répression policière va entamer leur détermination se trompent.

44 arrestations

La police, cherchant sans doute à se venger sur quelqu’un pour leur fiasco du 20 août ou cherchant à justifier leur salaire alors que les yeux du premier ministre Philippe Couillard sont rivés sur eux (les congréssistes du PLQ pouvaient regarder le show par la fenêtre), ont rapidement mené à des arrestations arbitraires.

44 personnes, dont le peintre nationaliste Luc Archambault, bien connu pour sa fameuse et inoffensive Vigile du samedi, ont été interpellés par la police et placés en détention quelques heures.

Ces infractions sont arbitraires et illégitimes et sentent bon le profilage politique. La dernière fois, les policiers sont allés interpeller Jaggi Singh à Montréal pour se venger de 3 chaises lancées et d’une benne à ordure en feu. Le 25 novembre, de l’aveu même du SPVQ, aucun acte criminel n’a été commis.

Surtout que ça ne tiendra jamais devant un juge. La police fait joujou avec la loi pour intimider des gens qu’elle juge indésirable.

Pas grave, qui va se plaindre si les antiracistes se font réprimer? La radio-poubelle et les quotidiens locaux seront toujours là pour applaudir.

L’extrême-droite armée défile escortée par la police

La manif a été l’occasion d’une innovation spectaculaire : une organisation et une coordination inégalée entre la police et l’extrême-droite.

En préparation de la manif, un article de CBC révèle qu’il y a eu pas moins de 5 rencontres entre le SPVQ et la Meute. Un des responsables de la sécurité de la Meute est d’ailleurs un ex-membre du SPVQ.

Des espaces de stationnement ont été réservés autour du Parc de l’Amérique française depuis la veille.

Le jour même de la manif, Storm Alliance et la Meute étaient soigneusement séparés par un cordon policier. Lorsque les antiracistes ont atteint René-Lévesque, l’anti-émeute les ont soigneusement repoussés vers les Plaines d’Abraham. La Meute suivait juste derrière, talonnant la police qui les protégeait en leur libérant l’espace.

C’est à se demander pourquoi la Meute et Storm Alliance sont autant obsédés par leur service d’ordre. Ils ont même demandé l’aide de la milice du 111% qui se sont pointés armés de bâtons téléscopiques et de poivre de cayenne.

Et même si les meutons étaient équipés de « gants tactiques » le 20 août, le SPVQ  n’a pas cru bon de vérifier si les racistes possédaient encore des armes puisque qu’ils n’avaient aucune réponse à donner au journaliste du Soleil qui posait la question.

C’est quand même assez inquiétant de voir avec quelle nonchalance la police traite l’extrême-droite. Mais ce n’est pas surprenant pour celles et ceux qui s’intéressent à l’extrême-droite dans le monde. De toute temps, la police a toujours des petits rapprochements avec ceux qui partagent les mêmes notions de respect de la force, de la hiérarchie et de l’autorité.

De quoi justifier amplement l’usage du slogan « la police au service des riches et des fascistes ».

Les fascistes d’Atalante, incapables de se pointer sans être protégés par la police, se sont joint à Storm Alliance en fin de manif. Le message est clair: si le leader des SA, Dave Tregget, ne veut pas être traité de fasciste, il veut quand même faire ami ami avec eux.

Nul doute que les médias francophones continueront à traiter les porte-paroles de Storm Alliance et de la Meute aux petits oignons.

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